Les Français, fâchés avec l’économie (et l’entreprise) ?

rt
rt

En 2019, à la tête d’un cabinet conseil en communication bordelais, le CECA, je m’interrogeais sur la culture économique des Français, pressentant que l’entreprise, surtout la grande, ne jouit pas forcément d’une bonne image.

Etait-ce vrai ? est-ce typiquement français ? quelles en sont les causes ? l’entreprise a-t-elle évoluée ? et vers quoi ?

Armé de ces questions, je décidais avec mon spécialiste des films d’entreprise, Daniel Piquemal, un jeune soixantenaire talentueux, de me lancer dans une entreprise risquée : aller à la rencontre d’une quinzaine de conférenciers de haut niveau pour les interroger sur l’image de l’entreprise en France.

Un moyen pour nous, au CECA, d’évoquer nos convictions profondes sur le fait que l’entreprise peut parfaitement être performante et humaine à la fois.

Le projet n’était pas simple, il fallait :

  1. Trouver une quinzaine d’experts reconnus et pédagogues, si possible avec un brin de notoriété pour mieux promouvoir le produit fini ;
  2. Aller les interviewer à leur bureau ou leur domicile, cette partie demandant beaucoup de temps;
  3. Chercher le financement auprès de clients et partenaires amis;
  4. Monter le film;
  5. Trouver des idées originales pour le diffuser.

Tout cela a pu se réaliser en 2019, puis en 2021, et après l’interruption du Covid, une projection « officielle » à notre AG d’avril 2022.

La première surprise vient de l’Académicien Erik Orsenna , qui nous reçoit dans sa petite maison parisienne.

Contenu de l’article

Erik Orsenna – UHE 2018- crédit photos: JM Laugery

Jamais le mot « entreprise » n’a été prononcé devant moi durant toute ma scolarité !

Philippe BLOCH , auteur bien connu de « Service compris », enfonce le clou :

L’entreprise est méconnue des enseignants, elle est même méprisée ; je crois que c’est un des seuls pays au monde où c’est à ce point !

Xavier Fontanet, ancien PDG du groupe ESSILOR, regrette que l’entreprise soit si mal enseignée dans les écoles,

on parle surtout aux élèves des grèves, du chômage, de l’imperfection du marché… » c’est un vrai problème de gouvernance…

Pour Christophe Barbier, le célèbre journaliste éco à l’écharpe rouge, «  on devrait apprendre aux jeunes ce qu’est l’entreprise ; j’ai une certaine somme d’argent, comment puis-je la faire croître ? ».

Enfin, l’ancien ministre de l’Education Nationale et philosophe Luc Ferry (Officiel) constate que les programmes scolaires sont surtout concentrés sur les thèses de Keynes et de Marx et n’abordent jamais Schumpeter*…

L’économiste Philippe Dessertine (compte professionnel officiel) a lui aussi, une explication à nous donner :

Contenu de l’article

Philippe Dessertine – crédit photos: JM Laugery

On est toujours en France avec cette logique « Les Temps modernes » et Charlie Chaplin, où l’entreprise est une machine à broyer les humains.

On ne peut imaginer une entreprise avec un dirigeant humaniste ! et pourtant…c’est bien en France, qu’à la fin du XIXème siècle, on pense entreprise humaniste !

La logique est pourtant simple : quand les salariés sont bien dans l’entreprise, elle marche mieux, elle produit plus de richesses, ce qui est un des buts de l’entreprise.

Et pour le chef d’entreprise Hubert de Boisredon, patron du groupe nantais ARMOR, une entreprise humaniste,

c’est d’abord une entreprise qui a un projet, et qui réussi à fidéliser ses salariés autour de ce projet … car l’entreprise ne peut se réduire à la maximisation du profit.

Heureusement, Geneviève Ferrone, laurence Grandcolas , toutes deux spécialistes de l’économie sociale et solidaire et de l’impact social, puis Clara Gaymard , co-fondatrice avec son ami Gonzague de Blignières de RAISE, un fond éthique venant en aide aux jeunes entrepreneurs, ont identifié de nombreuses solutions pour que l’entreprise soit à la fois performante (il n’y a que l’état français qui ne l’a toujours pas compris !) et humaine.

Découvrez-les ci-dessous, à travers ce court documentaire de 26 min:

Vers une entreprise éthique et responsable

*Keynes et Marx, pour l’intervention de l’Etat; Schumpeter, artisan de la destruction créatrice.

Retour